Context :

L’accélération actuelle du changement climatique affecte de façon particulièrement marquée la chaîne Pyrénéenne, générant un glissement altitudinal des étages climatiques, auquel la faune et la flore doivent s’adapter. De plus, il s’avère que les modèles futures prévoient une augmentation moyenne supérieure pour les températures minimales, dites nocturnes. Ce projet étudie les effets du changement climatique sur l’écologie des ectothermes en utilisant le lézard des murailles comme modèle d’étude. Outre l’augmentation des températures moyennes et extrêmes, le lézard des Pyrénées subit depuis peu une compétition inter-spécifique d’un colonisateur du milieu montagnard venu des plaines, le lézard des murailles (Podarcis muralis). Ce dernier remonte en altitude à la faveur du changement climatique et est de plus en plus régulièrement observé entre 1600 et 2400 m, altitude à laquelle il entre en contact avec les trois espèces d’Iberolacerta sp. Les différences phénotypiques entre les populations sources, vivant en plaine de basse altitude et celles de hautes altitudes en contact avec le lézard des Pyrénées sont importantes d’identifier afin d’en déceler les moteurs évolutifs permettant de comprendre comment ces populations survivent dans un tel environnement et ainsi évaluer leur impact potentiel sur les populations de lézards des Pyrénées.
Nous évaluerons ces hypothèses en étudiant les effets d’une hausse des températures nocturnes sur la dynamique de colonisation du lézard des murailles (stade adulte et juvénile) et nous étudierons les différences phénotypiques et leur potentiel plastique entre les populations sources (milieu de basse altitude) et les populations du front d’invasion (milieu alpin, en sympatrie avec le lézard des Pyrénées).

Objectifs :

1) Quel est l’impact d’une hausse des températures nocturnes sur la physiologie et le comportements des ectothermes ? : Le Lézard des Murailles comme modèle d’étude

Ce projet vise à mesurer les effets de la température sur le phénotypes des ectothermes, en l’occurrence sur Podarcis muralis, adultes (1) et de leurs progénitures (2) dans un contexte de réchauffement climatique. Le lézard des murailles est une espèce circumméditerranéenne opportuniste et thermophile, qui remonte en altitude à la faveur du réchauffement climatique. Espèce très opportuniste, il est communément observé dans la majorité de l’Europe et occasionnellement jusqu’à 2400m d’altitude. D’autres part, au cours des dernières décennies, les températures nocturnes ont joué un rôle disproportionné dans le réchauffement global de la planète. Il s’avère que les modèles futures prévoient une augmentation moyenne supérieure pour les températures minimales (donc nocturnes).Très peu d’études ont étudié l’impact des températures nocturnes sur les reptiles et même les vertébrés ectothermes. De nombreuses études ont été réalisées sur les plantes et les insectes (souvent ravageurs), révélant des réponses physiologiques changées, rendement photosynthétique accru, temps générationnel plus court, croissance plus forte etc… initiées par le contexte actuel du réchauffement climatique et de l’agronomie. Seulement une étude réalisée sur le lézard vivipare a vu le jour, ces résultats préliminaires mettent en avant des effets significatifs des températures nocturnes plus élevées sur la physiologie de l’espèce à court terme.
Ce projet a donc pour but d’enrichir de façon pérenne nos connaissances fondamentales sur l’impact futur du réchauffement climatique sur les populations d’ectothermes afin de mieux les conserver par la suite. Des mesures comparables chez Podarcis muralis vont être réalisées afin de bien comprendre les relations existantes entre température du milieu, préférendum thermique (Diurne et Nocturne), performances locomotrices, activité journalière, métabolisme afin d’estimer (A) le potentiel de résilience globale de l’espèce dans le contexte de changement climatique et (B) de mieux comprendre comment les ectothermes vertébrés s’adaptent à ce nouvel environnement.

2) Existe-il des différences inter-populations selon les patchs de dispersion initié par le réchauffement climatique ? Les populations du front d’invasion en milieu alpin sont t’elles différentes des populations sources vivants en plaine : Le Lézard des Murailles comme modèle d’étude

Ce projet vise à (1) poursuivre la collecte de données présence/absence de chaque espèce le long de transects altitudinaux afin d’alimenter les données récoltées sur les bio-indicateurs du réchauffement climatique qui sont le Lézard des Murailles et le Lézard des Pyrénées, (2) mesurer les effets de l’hypoxie/hyperoxie d’altitude sur la physiologie du Lézard des Murailles et de leurs progénitures et enfin (3) d’évaluer les différences phénotypiques entre les populations du front d’invasion en hautes altitudes et les populations sources présentent en plaine de basses altitudes.
Des travaux antérieurs (POCTEFA ECTOPYR ; Marie Curie Sklodowska PODARCIS) ont néanmoins montré des effets significatifs de l’hypoxie d’altitude chez l’embryon, le jeune et l’adulte du lézard des murailles, qui pourrait probablement freiner légèrement la colonisation altitudinale. Toutefois, ces travaux ne concernaient pas les populations hautes de l’espèce, c’est pourquoi les étudier est indispensable pour compléter ces études antérieures. Ce projet a pour but d’identifier ou non les différences entre ces populations et d’en déceler les moteurs évolutifs permettant de comprendre comment ces populations du front d’invasion survivent et se développent dans des conditions environnementales présentant des facteurs abiotiques à priori limitants.

Je suis à la recherche de futurs stagiaires (L3/M1) pour m’aider dans ma première année de thèse. La période concernée est de Mars à Août, découpable selon la disponibilité des intéressés, période de stage plus ou moins longue, à la SETE-CNRS (Moulis, Ariège).

Bonne condition physique nécessaire (terrain en milieu alpin)
Intérêt pour la recherche, l’herpétologie, manipulation de lézard
Captivité des lézards à la SETE-CNRS et au Pic du Midi.

Contact: Constant PERRY (constant.perry@sete.cnrs.fr)

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: constant.perry@sete.cnrs.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.