Contexte
Le mildiou, causé par l’oomycète Plasmopara viticola, est l’une des maladies cryptogamiques de la vigne les plus dommageables. Pour réduire l’impact des épidémies sur les récoltes, les viticulteurs ont principalement recours à des produits phytosanitaires appliqués régulièrement tout au long de la saison de culture afin de limiter les contaminations et ralentir la propagation de la maladie. Or aujourd’hui, le recours intensif aux produits phytosanitaires est remis en question du fait des effets néfastes sur la biodiversité et la santé humaine, également du fait de l’apparition de souches pathogènes résistantes. La réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques nécessite d’intégrer de nouvelles méthodes de lutte contre les bioagresseurs dans une approche globale de protection agroécologique durable des cultures. En viticulture, les mesures prophylactiques ciblant l’inoculum primaire des maladies restent peu mobilisées alors qu’elles peuvent contribuer à faire baisser la pression épidémique, et ainsi limiter l’usage de produits phytosanitaires voir même valoriser d’autres leviers agroécologiques à efficacité partielle (e.g. biocontrôle). Chez P. viticola, les oospores (issues de la reproduction sexuée) se forment dans les feuilles de vigne atteintes, principalement à l’automne, et sont capables de survivre durant l’hiver dans le sol (formes de conservation). Le stock d’oospores (ou « œufs d’hiver ») de P. viticola présent dans le sol constitue l’inoculum primaire de mildiou et détermine le niveau de pression épidémique initial.

Objectifs du stage
Ce stage s’inscrit dans le cadre du projet PROFIL (lauréat de l’appel à projet ECOPHYTO) porté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et INRAE dans le cadre de l’UMT SEVEN, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Gironde. L’objectif de ce projet est le développement d’une méthode de lutte prophylactique contre le mildiou de la vigne basée sur la quantification du stock d’inoculum primaire dans le sol et sa réduction année après année par extraction des feuilles à l’automne.
Ce stage a pour objectifs i) de caractériser l’hétérogénéité de l’inoculum primaire de P. viticola dans les sols viticoles et d’identifier les facteurs expliquant cette hétérogénéité, et ii) de caractériser la relation entre quantité d’inoculum primaire dans le sol et initiations épidémiques (contaminations primaires) pour mieux évaluer la contribution potentielle de la lutte prophylactique au contrôle des épidémies.
Le/la stagiaire mènera une expérimentation en conditions semi-contrôlées basée sur l’exposition de plants de vigne (phytomètres) à différentes quantités d’inoculum primaire. Il/elle participera à des prélèvements de sol et des suivis des initiations épidémiques dans deux dispositifs en parcelles viticoles (un dispositif expérimental et un réseau de parcelles exploitées). Il/elle participera activement aux analyses de biologie moléculaire permettant de quantifier l’inoculum de P. viticola dans les échantillons de sol.

Profil recherché
Etudiant.e Master 2 ou 3A Ingenieur.e Agronome
Connaissances et intérêts en agronomie, phytopathologie et biologie moléculaire (qPCR)
Goût pour la recherche
Sérieux et rigueur dans la conduite des expérimentations

Lieu de stage
INRAE, UMR 1065 Santé et Agroécologie du vignoble (SAVE) 71 avenue Edouard Bourlaux, 33882 Villenave d’Ornon

Période
Février/Mars à Juillet/Août 2022 (6 mois)

Gratification
Environ 550 euros par mois

Encadrant.e
Charlotte Poeydebat, Maître de conférences Bordeaux Sciences Agro

Pour postuler
Envoyer CV et lettre de motivation à charlotte.poeydebat@agro-bordeaux.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: charlotte.poeydebat@agro-bordeaux.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.