ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL

 Missions et activités confiées :

Contexte
La communauté scientifique internationale s’accorde sur le fait que parmi les principales causes de déclin de la biodiversité (e.g. changement climatique, pollution chimique, surexploitation), l’altération des habitats a un rôle très important. En Europe, et notamment en France métropolitaine, cette pression anthropogénique sur les habitats menace, de manière croissante, l’intégrité des cours d’eau. En France métropolitaine, les écosystèmes sont parcourus par un réseau dense de cours d’eau, dont la longueur totale cumulée représente ~430 000 km. Les cours d’eau sont le support d’une biodiversité importante et nécessaire au bon fonctionnement de l’écosystème aquatique (e.g. recyclage de la matière organique, dépollution) mais aussi au fonctionnement de l’écosystème terrestre adjacent (e.g. ressource d’énergie et de nutriments).

En dépit d’une multitude d’études scientifiques portant sur le lien entre les habitats et la biologie, des lacunes dans nos connaissances subsistent et limitent la définition de mesures de préservation et de restauration appropriées. Ces lacunes peuvent se résumer en trois questions : (1) à quelle(s) échelle(s) spatiale(s) d’observation, l’altération des habitats est la plus prégnante ? (2) cette échelle dépend-t-elle du type de cours d’eau considéré (e.g. taille du cours d’eau, position amont/aval dans le bassin versant)? (3) quelles sont les conséquences de ces altérations, aux différentes échelles d’observation ; sur trois compartiments biologiques clefs des cours d’eau : les diatomées benthiques, les macroinvertébrés benthiques, et les poissons ?

Si les communautés de macroinvertébrés et de diatomées benthiques et les communautés piscicoles sont réputées pour être sensibles aux pressions environnementales, notamment celles liées aux changements hydromorphologiques des cours d’eau, elles sont cependant rarement étudiées conjointement pour une meilleure compréhension et une vision intégrée du fonctionnement des cours d’eau. De plus, les tentatives pour étudier les effets des pressions hydromorphologiques sur les communautés biologiques à différentes échelles spatiales d’observation sont quasi inexistantes.

Objectif et missions

Le projet HYMOBIO a pour objectif d’intégrer et de comparer les réponses taxonomiques et fonctionnelles des communautés de diatomées benthiques, de macroinvertébrés benthiques et de poissons, à l’altération des habitats. Cet objectif sera adressé via l’examen croisé des modifications des caractéristiques hydromorphologiques des cours d’eau mesurées à différentes échelles spatiales et des réponses de métriques taxonomiques et fonctionnelles (e.g. basées sur les traits biologiques des organismes) pertinentes au sein des assemblages floristiques et/ou faunistiques.

Ce projet s’appuiera notamment sur différents jeux de données déjà constitués :

-les listes faunistiques et floristiques (richesse taxonomique et abondances) documentées sur > 1900 stations échantillonnées en France métropolitaine entre 2004 et 2020 (données publiques : OFB);

-les bases de données sur la caractérisation et les altérations hydromorphologiques des cours d’eau (CARHYCE, SYRAH-CE, OSO, Corine Land Cover);

-un jeu de données unique sur les traits fonctionnels (e.g. capacités de dissémination, mode d’alimentation) des taxons des trois compartiments biologiques analysés (données scientifiques : porteurs de l’action et leurs collaborateurs).

Ce projet HYMOBIO, via le développement d’un outil de diagnostic évaluant les probabilités d’impact des altérations hydromorphologiques sur les communautés biologiques (macroinvertébrés benthiques, diatomées benthiques, poissons) s’inscrit ainsi dans l’étape préliminaire, mais essentielle, du processus d’aide à la décision en matière de préservation ou de restauration du fonctionnement des cours d’eau et des communautés biologiques qui y vivent.

Trois étapes de travail sont distinguées :

(i) Caractériser les effets potentiellement concomitants de pressions hydromorphologiques conduisant à une altération des habitats largement répandue au sein des rivières métropolitaines ;
(ii) Combiner les échelles spatiales et temporelles nécessaires à l’étude des réponses des communautés à de telles pressions, par l’examen des variations des paramètres d’altération des habitats de l’échelle locale du site d’étude jusqu’à l’échelle du bassin versant et par des comparaisons entre bassins versants ;
(iii) Intégrer les réponses taxonomiques et fonctionnelles aux pressions hydromorphologiques des trois compartiments biologiques dont les réponses attendues peuvent être contrastées et s’observer à des échelles spatio-temporelles différentes, compte tenu de leur temps de génération, leurs traits d’histoire de vie, leurs capacités de dispersion et leurs préférences écologiques différents. Il s’agira ici de se concentrer sur l’interprétation des variations des profils et des syndromes de traits au sein et entre communautés biologiques.

Collaborations
Pour développer ces analyses, la personne recrutée aura l’opportunité de s’appuyer sur les compétences et connaissances déjà acquises sur le sujet par les différents collaborateurs et spécialistes associés au projet.

pour l’INRAE, Jérôme Belliard, Olivier Dézerald, Emilien Lasne, Jean-Marc Roussel, Bastien Bourillon ;
pour l’UL, Philippe Usseglio-Polatera ;
pour l’OFB, Karl Kreutzenberger, Laurent Beaulaton, le collectif des Directions régionales et Services départementaux ;
ainsi que, Frédéric Gob (LGP, Paris) et Anne-Julia Rollet (LETG, Rennes).

De nombreuses interactions sont aussi à prévoir entre le présent projet HYMOBIO et le projet AMOBIO (Analyse Multicritères des effets exercés par les Obstacles en cours d’eau sur les communautés BIOlogiques) qui a débuté le 2 Novembre 2021 avec le recrutement d’un postdoctorant (Bastien Bourillon ; 24 mois). Ce projet AMOBIO, sous la forme d’un partenariat OFB-INRAE (porteur Karl Kreutzenberger et Olivier Dézerald), vise à évaluer les principales conséquences des obstacles à l’écoulement sur le fonctionnement hydromorphologique des cours d’eau de France métropolitaine d’une part, et sur les caractéristiques taxonomiques et fonctionnelles des communautés de diatomées benthiques, de macroinvertébrés benthiques et de poissons d’autre part.

Valorisation
Les résultats du projet seront valorisés sous la forme d’article(s) scientifique(s) dans une (des) revue(s) à fort impact. La personne recrutée et les porteurs de ce projet participeront activement aux échanges de transfert et d’appropriation menés entre les scientifiques, l’OFB, les agences de l’eau, les DREAL ainsi que l’ensemble des autres acteurs institutionnels ou non, locaux ou nationaux, investis dans l’étude, la préservation et la gestion environnementale des cours d’eau.

FORMATIONS ET COMPÉTENCES ATTENDUES

 Formation recommandée : Doctorat en écologie/sciences du vivant

 Connaissances souhaitées : un intérêt particulier pour les méthodes d’analyse statistiques descriptives/inférentielles et multivariées et/ou des modèles de type « random forest » applicables aux grands jeux de données, maîtrise des outils et des concepts utilisés en hydromorphologie fluviale, une bonne maîtrise des logiciels SIG, une bonne expérience des méthodes d’échantillonnage de terrain (biologiques et hydromorphologiques).

 Aptitudes recherchées : curiosité scientifique, dynamisme, enthousiasme, bonnes qualités rédactionnelles, excellente capacité à la communication, esprit d’équipe, autonomie et interdisciplinarité.

MODALITES D’ACCUEIL
Unité d’affectation : https://www.umr-decod.fr/fr
UMR DECOD, Dynamique et Durabilité des Écosystèmes, INRAE, Institut Agro, Ifremer
 Adresse du lieu d’exercice :
UMR DECOD
65 rue de Saint-Brieuc
35042 Rennes Cedex
France
 Centre INRAE de rattachement :
Bretagne – Normandie
 Type de contrat : Post-doc
 Durée du contrat : 18 mois
 Date d’entrée en fonction : à partir du 1er Novembre 2022
 Rémunération : ~2500 – 2900 € brut

MODALITES POUR POSTULER
 Pièces du dossier à transmettre :
– Lettre de motivation
– Curriculum Vitae
– Une liste de trois personnes référentes qui puissent être contactées par les porteurs du projet

 Coordonnées e-mail des personnes à qui transmettre le dossier :
olivier.dezerald@inrae.fr
philippe.usseglio-polatera@univ-lorraine.fr
jerome.belliard@inrae.fr

 Téléphone (pour informations) :
02 23 48 54 46

 Date limite pour postuler : Les dossiers seront évalués à partir du 5 Septembre 2021, et acceptés jusqu’à l’attribution du poste et au plus tard au 1er Novembre 2022

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: olivier.dezerald@inrae.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.