***Contexte du stage :
Ce stage s’intègre au programme de recherche pluridisciplinaire TOP_PRED, centré sur l’étude des prédateurs des espaces périurbains.
Les chats domestiques (Felis catus) en liberté et les renards roux (Vulpes vulpes) sont parmi les prédateurs les plus représentés en zone périurbaine et présentent des caractéristiques écologiques proches. Ces mésoprédateurs peuvent fournir des services écosystémiques et en particulier participer à la régulation des consommateurs de culture. Cependant, dans les écosystèmes perturbés tels que les agroécosystèmes périurbains, les pratiques locales de gestion de ces animaux peuvent contribuer à de fortes fluctuations de leurs populations [1,2] et de leurs proies, lesquelles peuvent à leur tour engendrer des conflits entre les acteurs des territoires concernés. Ces phénomènes restent néanmoins peu documentés en raison de la complexité des interactions impliquées [3]. Les perceptions et pratiques de gestion qu’ont les acteurs locaux vis-à-vis de ces animaux dépendent notamment des savoirs qu’ils possèdent sur ces espèces. Le projet ANR Top_Pred prévoit dans une approche pluridisciplinaire l’étude des interactions proie-prédateur et hommes-animaux dans lesquels sont impliqués les chats domestiques en liberté et les renards roux, puis la prédiction des possibles changements d’interactions prédateurs-proies en réponse à différents scénarios de pressions anthropiques.
Les recherches seront menées dans le territoire de Saclay et à proximité (Yvelines et Essonne, Ile-de-France). Le plateau de Saclay en particulier est un territoire marqué par l’implication de parties prenantes (agriculteurs, associations) et une fréquentation humaine importante (résidents, visiteurs, chasseurs, piégeurs).
L’équipe de recherche SHS du projet TOP_PRED prévoit (1) d’examiner par une approche ethnoécologique la diversité des relations hommes-prédateurs et les liens entre le statut du prédateur (animal de compagnie vs. nuisible), les perceptions et les pratiques de gestion réalisées par différentes parties prenantes locales (dont habitants nourrissant les chats, gestionnaires territoriaux, représentants associatifs, chasseurs et piégeurs) ; (2) dans quelle mesure ces perceptions et pratiques dans leurs caractéristiques et leurs articulations rejoignent la façon dont les modèles fonctionnels développés par les scientifiques décrivent ces prédateurs, leurs comportements et leurs effets (en particulier l’importance de ces animaux dans la régulation des nuisibles) ; (3) l’équipe mobilisera les détenteurs de savoirs locaux afin de combler de potentiels manques de données sur le comportement de prédation de ces animaux et les pratiques de gestion dont ils font l’objet.
L’objectif final (4) sera d’élaborer en collaboration avec les parties prenantes différents scénarios de gestion des prédateurs (e.g. changement de statut juridique, quota de chasseur, renforcement de populations de rapaces…) sociologiquement et écologiquement appropriés, et de promouvoir la cogestion adaptative [4]).
Il est notamment fait l’hypothèse d’un décalage entre les perceptions et pratiques d’acteurs locaux et les services écosystémiques fournis par ces prédateurs, ainsi que le rôle important du statut juridique dans le spectre des perceptions relatives à chacun des exemples étudiés.

***Objectifs pour le stagiaire :
Il s’agira d’un stage professionnel qui s’articulera à un travail de postdoctorat ; l’étudiant.e recruté.e mettra en œuvre une partie du protocole d’étude préparé par l’équipe SHS du projet Top_Pred. La personne recrutée contribuera à la collecte de données d’enquêtes par entretiens semi-directifs, puis réalisera une analyse ciblée des perceptions et des rôles de trois parties prenantes dans la régulation de ces mésoprédateurs : les collectivités, les associations naturalistes et environnementales et les résidents.

Parmi les principales activités du stage :
– Prise de connaissance de la documentation déjà réunie et produite dans le cadre du volet SHS du projet Top_Pred (références clefs, synthèse bibliographique, protocole et grilles d’entretien).
– Recherche bibliographique complémentaire ciblée sur les pratiques de gestion du grand public (parmi lesquelles le nourrissage), des associations et des collectivités ;
– Compléter l’identification d’acteurs du territoire pour l’enquête ;
– Réalisation des entretiens qualitatifs (prises de contact, conduite d’entretiens individuels) ;
– Contribution à la saisie et au traitement des données collectées ;
– Analyse des données collectées pour les collectivités, le grand public (résidents/visiteurs) et les associations naturalistes et environnementales locales.

***Profil souhaité :
Etudiant.e suivant une formation en sciences humaines et sociales (anthropologie/ethnologie, ethnosciences, sociologie, géographie…) intégrant des sciences de la vie ou avec un fort intérêt pour les problématiques de gestion de la biodiversité ; étudiant en master en sciences de la vie ayant suivi des enseignements dans une discipline pertinente des SHS et très motivé par la conduite d’enquêtes qualitatives.

– connaissance et expérience de mobilisation des outils d’enquête qualitative (construction d’un guide d’enquête, conduite d’entretiens semi-directifs, observation participante)
– qualités relationnelles requises pour les enquêtes en face à face
– fort goût pour le travail en équipe.
– le permis B et un véhicule personnel pourront être utiles.

***Conditions pratiques :
Structure d’accueil : Unité Ecologie, Systématique et Evolution (ESE), 91400 Orsay – Université Paris-Saclay
Durée : 6 mois
Période : Février/mars 2022 à Juillet/Août 2022
Encadrants du stage : Elsa Bonnaud et Emmanuelle Baudry, enseignantes-chercheures ; Anne-Claire Maurice, postdoctorante.

***Modalités de candidature : Les candidatures seront examinées au fil de l’eau.
Merci d’envoyer un CV, une lettre de motivation et les relevés de notes de l’année précédente à : anne-claire.maurice@universite-paris-saclay.fr, elsa.bonnaud@universite-paris-saclay.fr et emmanuelle.baudry@ universite-paris-saclay.fr .
Gratification de stage : selon les règles en vigueur.

***Références indicatives :
[1] Castaneda, I. et al. (2019) Trophic patterns and home range size of two generalist urban carnivores: a review. J. Zool. 307,79–92.
[2] Recio, M.R. et al. (2015) Changes in Mediterranean mesocarnivore communities along urban and ex-urban
[3] Tryjanowski, P. (2000) Changes in breeding populations of some farmland birds in W Poland in relation to changes in crop structure, weather conditions and number of predators. Folia Zool. 49, 305–315
[4] Plummer, R. et al. (2012) Adaptive comanagement: A systematic review and analysis. Ecol. Soc. 17

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: anne-claire.maurice(arobase)universite-paris-saclay.fr, elsa.bonnaud(arobase)universite-paris-saclay.fr et emmanuelle.baudry(arobase)universite-paris-saclay.fr.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.