Laboratoire d’accueil : UMR EGCE (www.egce.cnrs-gif.fr), pôle Evolution et Ecologie, IDEEV 12 route 128, Gif-sur-Yvette (91)
Encadrement : Clémence Riva & Fabrice Requier
Période – Durée : Entre août 2022 et janvier 2023 (de 4 à 6 mois)

Contexte
La pollinisation animale concerne plus de 80% des plantes à fleur, et 30% des cultures dont notre alimentation dépend. L’abeille mellifère (Apis mellifera), gérée par les apiculteurs, est l’une des principales espèces utilisée pour la pollinisation des cultures1, bien que de nombreuses autres espèces, sauvages, contribuent également à ce service2. Fait intéressant, des études montrent que l’abeille mellifère n’est pas systématiquement le pollinisateur le plus efficace3,4. Or, la diminution des pollinisateurs sauvages, aujourd’hui bien documentée5, implique une augmentation de notre dépendance envers l’abeille mellifère pour remplir le service de pollinisation. Il est donc essentiel d’évaluer l’efficacité de pollinisation des différents groupes d’insectes, suivant l’hypothèse que les pollinisateurs sauvages pourraient offrir un meilleur service de pollinisation que les ruches, afin d’orienter des mesures de gestion durables.

Ce stage intervient dans le cadre du projet européen SafeAgroBee (www.safeagrobee.com) dont l’objectif global est de contribuer à préserver la résilience des agroécosystèmes face au changement climatique et autres facteurs qui influencent négativement leur durabilité. Le projet se focalise sur le besoin d’assurer la sécurité alimentaire grâce à une pollinisation efficace et une apiculture durable.

Objectifs
L’objectif général du stage sera d’évaluer le service rendu par divers pollinisateurs (Apis mellifera versus les autres espèces) en mesurant leur efficacité pour la production agricole. Les travaux porteront sur deux cultures d’importance mondiale. D’une part la pomme (Malus domestica), qui est fortement dépendante de la pollinisation entomophile6, et qui compte parmi les espèces fruitières les plus cultivées dans le monde avec près de 87,24 millions de tonnes produites dans le monde en 20197. D’autre part le tournesol (Helianthus annuus), dont les rendements peuvent être améliorés par la pollinisation animale8, mais variable selon les variétées9,10.
Le/la stagiaire aura pour mission d’analyser les récoltes issues des fleurs étudiées pendant le période de floraison, avec pour finalité d’estimer la contribution des abeilles mellifères (A. mellifera) versus autres espèces dans la pollinisation des deux cultures.
Cette mission comprendra la récolte des fruits et des graines dans différents sites, puis l’analyse de leur qualité (poids, taille, teneur en sucre des fruits, quantité des graines produites). Des déplacements seront à prévoir, en Île-de-France et dans le Vaucluse.

Compétences requises
Le/la candidat(e) devra justifier des qualités suivantes :
– aisance pour le travail de laboratoire,
– rigueur, autonomie, sens relationnel,
– capacités rédactionnelles, analyses de données (R),
– connaissances en botanique et entomologie seront un plus.

Gratification et conditions d’accueil
Gratification selon réglementations en vigueur. Le/la stagiaire sera basé(e) à l’UMR EGCE au sein de l’Institut Diversité Ecologie et Evolution du Vivant (www.ideev.universite-paris-saclay.fr) de Gif-sur-Yvette. Des échanges réguliers seront organisés avec l’équipe d’encadrement pendant la durée du stage. Prise en charge des frais lors des déplacements sur le terrain.

Modalités de candidature
Adresser par voie numérique une lettre de motivation et un CV à Clémence Riva (clemence.riva@ird.fr) et Fabrice Requier (fabrice.requier@ird.fr).

Références bibliographiques
1. Garibaldi, L. A., Requier, F., Rollin, O. & Andersson, G. K. Towards an integrated species and habitat management of crop pollination. Curr. Opin. Insect Sci. 21, 105–114 (2017).
2. Rader, R. et al. Non-bee insects are important contributors to global crop pollination. Proc Natl Acad Sci USA 113, 146–151 (2016).
3. Batra, S. W. T. Bees and pollination in our changing environment. Apidologie 26, 361–370 (1995).
4. Westerkamp, C. Honeybees are poor pollinators—why? Plant Syst. Evol. 177, 71–75 (1991).
5. Potts, S. G. et al. Global pollinator declines: trends, impacts and drivers. Trends Ecol. Evol. 25, 345–353 (2010).
6. Pérez-Méndez, N. et al. The economic cost of losing native pollinator species for orchard production. J. Appl. Ecol. 57, 599–608 (2020).
7. FAO. FAOSTAT. Food and Agriculture Organization of the United Nations (2019).
8. Perrot, T. et al. Experimental quantification of insect pollination on sunflower yield, reconciling plant and field scale estimates. Basic Appl. Ecol. 34, 75–84 (2019).
9. Mallinger, R. & Prasifka, J. Benefits of insect pollination to confection sunflowers differ across plant genotypes. Crop Sci. 57, 3264–3272 (2017).
10. Mallinger, R. E., Bradshaw, J., Varenhorst, A. J. & Prasifka, J. R. Native solitary bees provide economically significant pollination services to confection sunflowers (Helianthus annuus L.) (Asterales: Asteraceae) grown across the Northern Great Plains. J. Econ. Entomol. 112, 40–48 (2019).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: clemence.riva@ird.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.