Occupation de l’espace et déplacements chez le lagopède alpin

Affectation : Direction générale déléguée Police, Connaissance, Expertise
Direction de la Recherche et de l’Appui Scientifique
Positionnement hiérarchique : Stagiaire sous l’autorité de Charlotte Perrot, Marc Montadert, Bertrand Muffat-Joly
Lieu du stage : Sallanches (74), Sévrier (74), Juvignac (34)

DESCRIPTION DES MISSIONS
Structure :

L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public, placé sous la tutelle des ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture, et a été créé pour protéger et restaurer la biodiversité. Il contribue, s’agissant des milieux terrestres, aquatiques et marins, à la surveillance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité ainsi qu’à la gestion équilibrée et durable de l’eau en coordination avec la politique nationale de lutte contre le réchauffement climatique (loi n°2019-773 du 24 juillet).
Pour remplir ses missions, l’Office s’appuie sur des équipes pluridisciplinaires (inspecteurs de l’environnement, ingénieurs, vétérinaires, techniciens, personnels administratifs, etc.) réparties sur tout le territoire national. Il est organisé de façon matricielle pour prendre en compte tous les milieux, en transversalité, selon une articulation à trois niveaux :
– une échelle nationale où se définissent et se pilotent la politique et la stratégie de l’OFB (directions et délégations nationales) ;
– une échelle régionale où s’exercent la coordination et la déclinaison territoriale (directions régionales) ;
– des échelons départementaux et locaux, de mise en œuvre opérationnelle et spécifique (services départementaux, antennes de façade, parcs naturels marins, etc.).

La Direction de la Recherche et Appui Scientifique (DRAS) est l’une des 2 directions « connaissance » de l’OFB, en charge de la recherche et de l’expertise sur les espèces, sur les milieux, leurs fonctionnalités et leurs usages, ainsi que sur les risques sanitaires en lien avec la faune sauvage. Elle est composée de 10 entités :
Unité Ongulés sauvages
· Unité Petite faune sédentaire et espèces outre-mer
· Unité Avifaune migratrice
· Unité Migrateurs amphihalins
· Unité Prédateurs déprédateurs et EEE
· Unité Flore, végétation
· Unité Ecosystèmes lacustres
· Unité Ecohydraulique
· Unité Sanitaire Faune
· Service mobilisation de la recherche axé sur diverses problématiques comme la surveillance et l’évaluation des milieux, l’agriculture et la biodiversité, la pollution des eaux, la restauration des milieux, la gestion des ressources en eau, l’écotoxicologie, les aménagements urbains et la biodiversité, ainsi que des thématiques transversales comme le droit, la gouvernance, la socio-économie, etc…

L’Unité Petite Faune Sédentaire et Espèce d’Outre-mer est en charge des travaux sur les différentes espèces d’oiseaux et mammifères sédentaires ainsi que d’espèces proches d’intérêt patrimonial. Elle assure les suivis des populations et les études démographiques permettant leur gestion cynégétique et leur conservation. L’Unité petite faune sédentaire et espèces outre-mer (UPFSEO) réalise des études et recherches principalement sur l’impact des activités humaines (agriculture et activités de loisir) et notamment des changements d’usage sur la biodiversité et sur l’évolution des réseaux d’interactions écologiques dans un contexte de changement climatique. En métropole, les espèces de petite faune sédentaire constituent des modèles d’étude privilégiés sur ces thématiques.

Contexte de l’étude :

Dans les Alpes, le réchauffement atteint +2°C environ depuis 1950. C’est deux fois plus que la moyenne mondiale et la région des Alpes est celle qui se réchauffe le plus en France. La hausse des températures, particulièrement marquée au printemps et en été, entraîne des modifications du monde physique et des habitats naturels, qui abritent tout autant des activités humaines qu’une faune très spécialisée et adaptée à la haute montagne. Les effets du changement climatique sur la flore, la faune et les habitats sont déjà visibles sur le massif des Alpes (Pernollet et al. 2015; Brambilla et al. 2018; Lamprecht et al. 2018; Schwager and Berg 2019) mais certaines espèces, pourtant vulnérables, sont peu étudiées. Le lagopède alpin, Lagopus muta fait partie de ces espèces adaptées au froid qui ont trouvé refuge dans les Alpes après la dernière grande glaciation et qui se trouvent aujourd’hui menacées dans leur refuge (classées « NT » sur la liste rouge de l’UICN en France). Cette espèce dite “arctico-alpines”, souvent qualifiée de relique glaciaire, est distribuée au sein de l’arc alpin depuis la Haute-Savoie jusqu’aux Alpes-Maritimes. Toutefois, les connaissances sur la biologie du lagopède alpin sont lacunaires. Ce manque de connaissances ne permet pas de qualifier le degré de vulnérabilité de ces espèces au changement climatique dans un contexte de pression anthropique accrue.
Dans ce contexte un suivi individuel via des balises GPS a été mis en place sur 4 sites répartis sur différents massifs des Alpes : massif de la Vanoise, massif du Haut-Giffre, massif du Dévoluy et massif du Mercantour par différents partenaires (Parc National de la Vanoise, Parc National du Mercantour et OFB). Le but de ce suivi est d’étudier les stratégies mises en place par ces oiseaux pour tamponner les effets du changements climatiques (rythme d’activité et utilisation de l’habitat) dans des habitats contrastés. Mais dans un premier temps, ces nouvelles données récoltées à fine échelle spatio-temporelle apportent de nouvelles informations sur la biologie de l’espèce en particulier sur les déplacements et l’occupation de l’espace.
L’objectif de ce stage sera donc d’étudier les domaines vitaux et les trajectoires des individus en relation avec le site d’étude (massif), le sexe des individus et leur statut reproducteur.

Références
Brambilla M, Resano-Mayor J, Scridel D, Anderle M, Bogliani G, Braunisch V, Capelli F, Cortesi M, Horrenberger N, Pedrini P, et al. 2018. Past and future impact of climate change on foraging habitat suitability in a high-alpine bird species: Management options to buffer against global warming effects. Biol Conserv. 221:209–218. doi:10.1016/j.biocon.2018.03.008.

Lamprecht A, Semenchuk PR, Steinbauer K, Winkler M, Pauli H. 2018. Climate change leads to accelerated transformation of high-elevation vegetation in the central Alps. New Phytol. 220(2):447–459. doi:10.1111/nph.15290.

Pernollet CA, Korner‐Nievergelt F, Jenni L. 2015. Regional changes in the elevational distribution of the Alpine Rock Ptarmigan Lagopus muta helvetica in Switzerland. Ibis. 157(4):823–836. doi:10.1111/ibi.12298.

Schwager P, Berg C. 2019. Global warming threatens conservation status of alpine EU habitat types in the European Eastern Alps. Reg Environ Change. 19(8):2411–2421. doi:10.1007/s10113-019-01554-z.

Description du stage :

Mission :
Le stage consistera à analyser les données de géolocalisation des lagopèdes alpins :
– décrire les domaines vitaux annuels et saisonniers, les déplacements et les trajectoires (packages AdeHabitat, amt)
– déterminer si ces paramètres sont façonnés par les caractéristiques individuelles des oiseaux (sexe et statut reproducteur) et par leur environnement (site d’étude).
– participer aux missions de captures et de suivi des oiseaux équipés en Haute-Savoie et dans le Dévoluy. Au cours du stage, la part du temps allouée aux missions de terrain sera importante.

Activités principales :

Réaliser des analyses statistiques de domaines vitaux et les trajectoires des oiseaux en relation avec des caractéristiques individuelles (sexe et statut reproducteur), et comparer les différents patrons entre sites d’études.

Participation importante aux missions de terrain associées à ce suivi.

RELATIONS LIEES AU POSTE
Relations internes :
Chercheurs et autres étudiants de l’unité impliqués dans la problématique

Relations externes :
Parc National du Mercantour et de la Vanoise

COMPETENCES ET QUALITES REQUISES
Connaissances :
– Connaissances en écologie, biologie de la conservation. Des notions sur le milieu montagnard sont un plus
– Connaissances en analyse spatiale
Savoir-faire opérationnel :
– Langage de programmation R
– Système d’information géographique – QGIS
– Une première expérience en manipulation de données GPS est recommandée
– Bonne condition physique pour évoluer en montagne (compétences en ski recommandées).

Savoir-être professionnel :
Sens du relationnel (travail en équipe), autonomie

Diplômes – Formation – Expérience :
Etudiant en Master 2, ou dernière année d’école d’ingénieur (spécialités statistiques, biologie des populations biologie de l’évolution et écologie).

CONDITIONS D’EXERCICE / SUJETIONS PARTICULIERES
– Le/la stagiaire sera basé à Sallanches (74). Un séjour à Juvignac (34) pour l’aide aux analyses spatiales est prévu.
– A partir de février/mars 2021 pour une durée de 5 à 6 mois
DEPOSER UNE CANDIDATURE
Les personnes intéressées devront adresser leurs candidatures (CV détaillé et lettre de motivation) par courriel sous la référence Lagopèdes alpins GPS à recrutement@ofb.gouv.fr, charlotte.perrot@ofb.gouv.fr et marc.montadert@ofb.gouv.fr

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 05/11/2021

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: charlotte.perrot@ofb.gouv.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.