SUJET DE STAGE
I – Titre : La châtaigneraie fruitière face au changement climatique : une approche interdisciplinaire ethnoécologique et de modélisation phénoclimatique

II – Projet auquel ce stage de master 2 orienté recherche s’inscrit
Acronyme du projet : ROC-CHA, Réseau d’Observation et de Conservation in situ des variétés de CHÂtaigniers et des savoirs locaux et scientifiques associés.
ROC-CHA est un projet consolidé collaboratif soutenu par l’ADEME et Financé par la Fondation de France (2022-2024)

III – Description du stage
Contexte : Les acteurs de la filière castanéicole font face à une forte déprise agricole ayant touché les châtaigneraies, entraînant des pertes de nombreuses variétés et des savoirs associés. Or, ce patrimoine génétique est nécessaire pour penser et concevoir une châtaigneraie durable en situation de changement climatique. Le Projet ROC-CHA (Réseau d’observation et de conservation de variétés traditionnelles de châtaignes et des savoirs locaux et scientifiques associés) vise à effectuer des observations sur plusieurs années (2021-2024) sur la capacité à résister aux changements climatiques des multiples variétés de châtaignes de différents territoires. A cet effet, ROC-CHA a mis en place un dispositif de sites de référence sur des fermes, associé à une approche collaborative fondée par un collectif de chercheurs du Centre d’Ecologie Fonctionnel et Evolutive et les acteurs de la filière castanéicole française (Syndicat National de Producteurs de Châtaignes). Ce dispositif a pour objectif de favoriser l’observation et l’identification des variétés de châtaignes dans différentes zones de production de châtaigne dont l’Ardèche, la Lozère, la Corse et l’Ariège et de tester la robustesse des variétés face aux changements climatiques en combinant des savoirs locaux et scientifiques. Parmi les activités en cours du projet: (1) l’identification de critères d’identification des variétés issus des savoirs locaux avec un dispositif conçu pour favoriser les échanges de savoirs à l’échelle territoriale ainsi que leur conservation in situ ; et (2) des observations phénoclimatiques systématiques issus d’observations citoyennes selon des approches développées par l’Observatoire des Saisons et par les chercheurs en vue de mettre en place des modèles phénoclimatiques pouvant prévoir le devenir des variétés dans différents contextes de prédiction du GIEC.

Le stage contribuera à cet objectif en 2022, grâce à une démarche interdisciplinaire ethno-écologique et de modélisation phénoclimatique
(1) l’étudiant, à travers des approches ethnoécologiques identifiera des Indicateurs Locaux d’Impacts du Changement Climatique ( ci-après LICCI pour Local Indicators of Climate Change Impacts) selon l’approche développée par Reyes Garcia (voir aussi LICCI.eu), c’est-à-dire l’identification via des enquêtes individuelles et de « focus group » d’observations faites par les castanéiculteurs ou autres membres des collectifs locaux (familles, bergers, apiculteurs, chasseurs) des impacts perçus des dérèglements climatiques sur leurs exploitations, les zones parcourus par les troupeaux, butinées par les abeilles, les jardins potagers, ou les forêts issus de l’abandon agricole qui sont des éléments connexes de l’agroécosystème à châtaigneraie, de l’échelle des fermes au paysage entier ( ex : absence de neige sur des sommets avoisinants). L’enquête sera calibrée en fonction du temps dont dispose l’étudiant sur le terrain. Ces enquêtes devront aussi porter une attention particulière sur le châtaignier selon les observations locales sur une partie ou la totalité de l’arbre.
(2) Parallèlement l’étudiant complètera par des suivis d’écologie fonctionnelle les approches de suivis citoyens par les référents des sites ROC-CHA sur l’évolution des stades phénologiques du châtaignier. Il compilera les observations citoyennes et scientifiques afin de constituer des jeux de données pouvant être utilisés dans le cadre de modélisation phénoclimatiques. La finalité est de modéliser la capacité d’au moins deux variétés et leur évolution sur le plan phénologique en lien au changement climatique. Les conditions hétérogènes topo climatiques qui caractérisent les zones de montagne (variations altitudinales, d’ensoleillement, de types de vents, de sols etc.) seront notés. Ces deux variétés suivies très précisément servent à calibrer le modèle d’évolution des stades de croissance des arbres (par ex: bourgeons de feuilles, floraison, fructification etc.), modèle calculant des probabilités afin d’atteindre différents stades, qui sont confrontées aux observations réelles. Cette deuxième tranche de travaux s’appuie sur des connaissances d’écologie fonctionnelle fondées sur la réaction aux conditions environnantes des arbres selon leurs traits et leur biologie. Ces relevés sont en outre couplés dans les sites de référence instrumentés par ROC-CHA à des données météorologiques obtenus grâce à des capteurs de type « data logger », qui apportent des données micro-topoclimatiques locales. Ces données seront intégrées dans des modéles déjà développés au CEFE pour d’autres espèces en vue de les tester pour le châtaignier et pourront servir à l’échelle des régions ou sous-régions à modéliser le devenir de toutes les autres variétés situées dans des zones topo-climatiques semblables. Ces résultats permettront de discuter de la résilience des « paniers » de variétés généralement mélangés dans les exploitations et de leur résilience face aux changement climatique et de développer de nouvelles hypothèses de travail sur cette thématique innovante se rapportant à un agroécosystème à fort degré d’agrobiodiversité.
(3) A la croisée de ces deux approches, l’étudiant tentera de développer une réflexion sur les apports complémentaires de ces deux approches pour la compréhension de ces agroécosystèmes face au changement climatique.

V – Calendrier :Calendrier des activités envisagées (Ier Mars – fin Août 2022)
Mars: travaux en salle pour la mise au point des protocoles, et revue bibliographique et visites brèves sur le terrain pour une première prise de contact.
Avril-Mai-Juin suivis de terrain réguliers pour des périodes pouvant aller jusqu’à 15 jours pendant les stades cruciaux de suivis phénologiques et pour effectuer les enquêtes.
Juin- Juillet : dépouillement et analyses des données phénoclimatiques et brèves phases de terrain si besoin pour compléter les données ethnoécologiques. Analyse des données de savoirs locaux.
Le rapport de master sera écrit et soumis entre la mi- et fin Août.

VI – Lieu du stage : Ce stage sera effectué en basse Ardèche avec des enquêtes qui seront menées à la frontière sud avec la Lozère jusqu’à la région d’Aubenas. Outre la gratification de stage, tous les frais de séjour sur le terrain, à l’exception des repas seront couverts par le projet ROC-CHA.

VII – Accueil de l’étudiant
Nom COMPLET de l’établissement d’accueil*
CNRS Délégation Régionale Occitanie Est
Nom COMPLET de l’unité d’accueil (UMR, UE, UR, Dép. etc.)*
Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, UMR 5175, CNRS
Equipe Interactions et Adaptations Bioculturelles

VIII – Encadrement, compétences et temps d’investissement
Encadrement scientifique : Yildiz AUMEERUDDY-THOMAS, DR 1, CEFE
Encadrement logistique : CDD ROC-CHA pour tous les aspects logistiques.

IX – Compétences mobilisées et transmises à l’étudiant, le temps d’encadrement prévu
Les compétences transmises à l’étudiant.
Les compétences transmises à l’étudiant sont : des approches de recherches de terrain en ethnoécologie (enquêtes de terrain avec questionnaire ou entretien, analyses qualitatives et quantitatives) comprenant une lecture des relations entre un groupe humain, la biodiversité qu’il manipule et les savoirs et pratiques associées ; des approches en écologie fonctionnelle de modélisation phénoclimatique, ainsi que des outils d’analyses de ces deux précédentes approches. Ce stage lui permettra également d’acquérir des connaissances et une réflexion profonde sur les systèmes agricoles de montagne et à biodiversité élevé, le cas des agroécosystèmes à châtaigneraie. Enfin en étant accueilli au CEFE, il/ elle pourra bénéficier de l’environnement scientifique de ce laboratoire pour développer une culture scientifique plus large (conférences, accès à la bibliographie ou à des plateformes tel que la plateforme Système d’Information en Ecologie).
Prérequis: des acquis en sciences humaines et sociales et un intérêt pour la modélisation. Avoir une voiture et un permis. Capacité de mener des enquêtes en zone rurale et d’y rester plusieurs semaines.

Personne à contacter : Yildiz Aumeeruddy-Thomas, UMR 5175 CEFE, CNRS, Montpellier : yildiz.thomas@cefe.cnrs.fr

Merci d’envoyer un CV et une lettre de motivation au plus tard le 15 Janvier 2022.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: yildiz.thomas@cefe.cnrs.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.