La production d‘indicateurs de l’état de la biodiversité et des changements spatio-temporels de cette biodiversité est un enjeu majeur pour pouvoir informer les citoyens, alimenter et évaluer les politiques environnementales.
Le Muséum national d’Histoire naturelle produit de tels indicateurs à partir de données issues de programmes de science participative du Muséum et de l’OFB. Ces programmes s’appuient sur des réseaux de volontaires pour récolter des données standardisées de présence et d’abondance de divers groupes animaux et végétaux au travers du territoire français. Ces programmes de suivi sont regroupés au sein de Vigie-Nature (www.vigienature.fr).
Les pollinisateurs sont un groupe emblématique tant par leur rôle dans le fonctionnement des écosystèmes et la production agricole que par les menaces qui pèsent sur lui. Le devenir des pollinisateurs est devenu au cours de la dernière décennie un enjeu de conservation à la fois auprès du grand public (importante couverture médiatique), des politiques (PNA France terre de pollinisateurs et Plan pollinisateurs à venir) et de la communauté des chercheurs (GDR Pollineco). Malgré cette convergence d’intérêt, il n’existe pas à ce jour pas d’indicateurs permettant de suivre au cours du temps l’état des communautés de pollinisateurs en France.
Le programme Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs (SPIPOLL) est un observatoire de Vigie-Nature lancé en 2010 par le MNHN et l’Office pour les Insectes et leur Environnement. Ce programme a permis de récolter près de 600 000 photos d’interactions entre des invertébrés floricoles et des plantes. Les données de ce programme ont pour l’instant été analysées en effectuant des comparaisons spatiales (Deguines et al. 2012, 2016 ; Desaegher et al. 2018). Avec maintenant 11 ans de recul, il est possible d’envisager d’effectuer des analyses temporelles.
Cette production d’indicateurs sur la pollinisation répond à plusieurs enjeux et demandes :
– Au Plan d’Action en faveur des Pollinisateurs et de la pollinisation, lancé en 2021 par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture et de l’Alimentation. Action 1.3 de l’axe 1 « Analyser l’impact des changements globaux des activités humaines et des risques sanitaires sur les pollinisateurs sauvages et domestiques ».
– A la Stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020 et plus particulièrement à l’Orientation stratégique F – « Développer, partager et valoriser les connaissances », F/18 « Développer la recherche, organiser et pérenniser la production, l’analyse, le partage et la diffusion des connaissances » et F/19 « Améliorer l’expertise afin de renforcer la capacité à anticiper et à agir en s’appuyant sur toutes les connaissances »
– Au Plan Biodiversité, à l’axe 5 « Connaître, éduquer, former » mais aussi à l’évaluation des Axes 1, 2, 3 et 6
– A l’élaboration de nouveaux d’indicateurs pour l’Observatoire National de la Biodiversité.

Attendus spécifiques du poste d’ingénieur développement et mise à jour d’indicateurs sur la pollinisation

A échéance de la fin du projet, l’ingénieur développement d’indicateur sur la pollinisation devra avoir :
– Fait une revue des différentes approches statistiques possibles en s’appuyant sur l’expérience des membres du CESCO
– Testé celles pressenties comme étant les plus pertinentes en termes de robustesse, de faisabilité et d’écologie
– Etablit une première proposition d’indicateur à soumettre au groupe d’experts de l’ONB et de la Surveillance Terrestre

Description du poste :

Mission :
Objectif général : Dans la continuité des indicateurs existants, cette mission a pour objectif de développer un indicateur temporel des pollinisateurs de France métropolitaine en se basant sur les données récoltées par le SPIPOLL. Il conviendra d’estimer, à l’échelle nationale, les tendances de population des espèces qui sont suivies par le SPIPOLL (56 coléoptères, 160 lépidoptères, 28 hyménoptères, 30 Diptères) et pour lesquels nous disposons de suffisamment de données. Des analyses préliminaires effectuées suggèrent que pour de nombreuses espèces, des dynamiques cycliques avec des périodes de plusieurs années sont à l’œuvre ce qui impliquera le développement de méthodologies spécifiques pour en évaluer les tendances.
Ces missions seront effectuées en étroite collaboration avec le groupe de travail “indicateurs” de Vigie-Nature, constitué de naturalistes et d’écologues spécialistes de ces groupes, ainsi que de statisticiens.

Activités principales :
Il s’agira de tester les différentes approches statistiques pressenties afin de sélectionner la plus robuste. Une participation aux réflexions du groupe « indicateurs » de Vigie Nature est de plus attendue ainsi qu’une participation à la diffusion des résultats auprès de différents publics.

Relations internes :
La personne recrutée travaillera au sein de l’équipe Vigie-Nature, en lien avec les autres équipes de l’unité Patrinat. et du Centre d’Ecologie et des sciences de la Conservation (CESCO)

Relations externes :
Groupe d’experts de l’ONB, équipe du projet Surveillance Terrestre

Niveau de diplôme requis : Bac + 5
Bio-informatique, écologie, statistique
Forte expérience en programmation sous R

Connaissances :
– Langage R, bases de données (sql, postgres), modèles mixtes généralisés – indispensable
– Connaissances générales en écologie
Savoir-faire opérationnel :
– Écouter et synthétiser
– Maîtriser l’anglais professionnel – indispensable

Savoir-être professionnel :
– Excellentes capacités relationnelles, aptitude à travailler en équipe
– Capacités d’organisation
– Capacités rédactionnelles

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: gregoire.lois@mnhn.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.