CONTEXTE DE L’ÉTUDE
Le charançon noir du bananier, Cosmopolites sordidus (Germar, 1824) (Coleoptera : Curculionidae) est l’un des principaux ravageurs des bananiers et bananiers plantains. Cet insecte, originaire de la région Indo-Malaysienne, s’est propagé dans toutes les régions tropicales et subtropicales productrices de bananes, principalement celles utilisant les genres Musa et Ensete.
Le charançon est caractérisé par un cycle de vie originale pour un ravageur, une stratégie démographique de type K : soit une durée de vie longue, allant de 1 à 4 ans et un faible taux de reproduction, environ 1 à 4 œufs par semaine (C. Gold & Messiaen, 2000). Très discret, presque cryptique, il s’agit d’un insecte fouisseur au régime alimentaire spécifique (C. S. Gold et al., 2001). Les charançons sont marqués par un comportement grégaire qui se met en place via l’émission d’une phéromone par les mâles adultes. Cette phéromone (la sordidine) est attractive à la fois pour les mâles et les femelles (Budenberg et al., 1993).
Les charançons sont inféodés aux cultures bananières où ils vont trouver humidité et nourriture et dont ils se servent pour se reproduire (C. S. Gold et al., 2001). Notamment, les charançons sont attirés par les substances volatiles émanant des bananiers (C. S. Gold et al., 2001). Les femelles vont déposer leurs œufs au niveau du bulbe des bananiers qui, une fois éclos, vont donner des larves se nourrissant du bulbe entrainant des pertes pouvant aller jusqu’à 40% du rendement (Rukazambuga et al., 1998).
La dynamique dispersive du charançon fait encore l’objet de nombreuses zones d’ombres. Si les charançons présentent un déplacement reconnu comme étant principalement, voire exclusivement, la marche en dépit du fait qu’il soit pourvu d’ailes fonctionnelles ; ses capacités à franchir des éléments paysagers à l’interface entre les parcelles n’ont jamais été étudiées. En l’occurrence les éléments paysagers (haies, rivière, route, trace, bande enherbée, etc.) peuvent potentiellement influencer le déplacement des charançons : soit positivement, rôle de corridor écologique, soit négativement, rôle de barrière.
Le stage viendra en appui à une thèse accueillie par l’UPR GECO depuis janvier 2021, dont le sujet porte sur la dynamique de population et le niveau d’infestation du charançon noir du bananier dans le contexte paysager martiniquais.

OBJECTIFS
L’objectif du stage est de comprendre l’effet des éléments d’interfaces entre les parcelles sur la capacité dispersive du charançon noir du bananier à l’échelle du paysage. Plus spécifiquement, l’objectif de ce stage sera d’évaluer la capacité de franchissement du charançon pour les principaux éléments d’interface présents entre les parcelles de banane en Martinique.

MÉTHODOLOGIE
1 – Prospection des éléments d’interfaces existantes entre parcelles de bananiers. Repérage d’éléments paysagers dans un contexte dépourvu de culture de banane afin de ne pas créer des interférences avec les pièges à phéromones. Voici une liste non exhaustive des éléments paysager qui seront étudiés : haies, rivière, route, trace, bande enherbée, fossé, etc…
2 – Mise en œuvre des protocoles expérimentaux : 30 charançons adultes marqués seront lâchés à 10 mètres d’un piège à phéromone suivant 2 contextes : sol nu (contrôle) et sol avec couvert herbacé. Un obstacle à franchir pour les charançons sera installé dans le cas du sol avec couvert herbacée.
3 – Analyse des données pour évaluer la part des individus ayant franchi l’obstacle et en combien de temps

PROFIL RECHERCHE
Niveau M2 ou césure, ingénieur(e) agronome ou formation en écologie
Intérêt pour le travail de terrain
Maitrise de Excel et du logiciel R
Capacité de s’adapter aux conditions de vie tropicale
Volonté à travailler en équipe

CONDITION DE RÉALISATION
Localisation : Campus agro-environnemental Caraïbe (CAEC), P 214 – 97285 Le Lamentin Cedex 2, Martinique
Unité d’accueil : Le/la stagiaire sera accueilli(e) par le CIRAD dans le département Persyst et l’unité de recherche « Fonctionnement écologique et gestion durable des agrosystèmes bananiers et ananas (GECO)
Encadrement : Alexis DELAPLACE (UPR GECO, doctorant) et Mathieu COULIS (UPR GECO, encadrant de la thèse)
Conditions du stage : indemnité forfaitaire mensuelle règlementaire, soit 600 euros environ par mois, billet d’avion France-Martinique A/R pris en charge, chèques déjeuner
Période de stage : Février– Juillet 2022
Contact pour candidature (CV et lettre de motivation) : alexis.delaplace@cirad.fr et mathieu.coulis@cirad.fr

BIBLIOGRAPHIE
Budenberg, W. J., Ndiege, I. O., & Karago, F. W. (1993). Evidence for volatile male-produced pheromone in banana weevilCosmopolites sordidus. Journal of Chemical Ecology, 19(9), 1905‑1916. https://doi.org/10.1007/BF00983795
Gold, C., & Messiaen, S. (2000). Le charançon du bananier Cosmopolites sordidus. Parasites et ravageurs de Musa. Infomusa, 6(2), 19‑21.
Gold, C. S., Pena, J. E., & Karamura, E. B. (2001). Biology and integrated pest management for the banana weevil Cosmopolites sordidus (Germar) (Coleoptera : Curculionidae). Integrated Pest Management Reviews, 6(2), 79‑155. https://doi.org/10.1023/A:1023330900707
Rukazambuga, N. D. T. M., Gold, C. S., & Gowen, S. R. (1998). Yield loss in East African highland banana (Musa spp., AAA-EA group) caused by the banana weevil, Cosmopolites sordidus Germar. Crop Protection, 17(7), 581‑589. https://doi.org/10.1016/S0261-2194(98)00056-8

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