Contexte et objectifs : Les zones urbaines sont des environnements fortement modifiés et complexes, parsemés d’espaces verts importants aussi bien pour la santé humaine que pour les enjeux de conservation de la biodiversité (Pickett et al. 2004). Elles constituent souvent un système d’habitats plus ou moins naturels, fragmentés reliés entre eux par divers corridors au sein d’une matrice artificielle. Ces habitats servent d’espaces transitoires, ou de corridors pour faciliter la dispersion des espèces des milieux naturels à travers les zones urbaines et contribuent à tisser un véritable tissu naturel urbain, essentiel aux enjeux de conservation de la biodiversité (Schwoertzig. 2016).
A Strasbourg comme dans beaucoup de villes françaises, les sites universitaires constituent l’une des plus grandes emprises foncière (près de 120 ha) partagée entre plusieurs institutions publiques et privées, ce qui peut rendre très complexe la gestion des sites. Ces sites universitaires et les espaces verts qu’ils contiennent participent d’autant plus au tissu naturel urbain qu’ils se situent aussi bien au centre-ville qu’en zone péri urbaine. Ils endossent donc une part importante du rôle des villes dans la conservation de la biodiversité. Or, cette part des sites universitaires strasbourgeois dans la conservation de la biodiversité en ville est très mal connue.
Alors même que la stratégie développement durable et responsabilité sociétale des sites universitaires d’Alsace prévoit l’installation de nichoirs à mésanges sur ces sites, la biodiversité végétale et invertébrée qui constituent des ressources indispensables pour ces oiseaux n’est connue que de manière lacunaire sur ces sites.
Une première étude réalisée en 2021 a montré que les sites universitaires d’Alsace et donc de l’Eurométropole présentent majoritairement 3 grands types de paysage végétal selon l’intensité de gestion et l’artificialisation : les zones subnaturelles, jardinées et très artificialisées. La diversité de la faune du sol varie selon ce gradient d’urbanisation. Les sites définis comme plus « subnaturels » présentent la diversité la plus forte. Les sites « jardinés », même si a priori ils supportent une grande diversité végétale horticole et/ou une forte structuration verticale de la végétation, semble moins propices à l’accueil d’une forte diversité de la faune du sol.
L’étude réalisée en 2021 a ainsi permis de dégager des grandes tendances entre la qualité du paysage végétal et la diversité des invertébrés en milieu urbain. Afin de mieux comprendre les mécanismes liant la diversité de la faune du sol estimée à la végétation (plantée et sub spontanée), il convient d’effectuer analyse fine de la végétation au niveau des zones d’échantillonnage et de compléter les inventaires faunistiques par l’estimation de la faune invertébrés « épigée ».
Ainsi l’étude proposée pour 2022 se focalisera sur 3 axes :
(i) Une caractérisation fine de la végétation environnant les points échantillonnés pour la faune du sol en 2021
(ii) Une caractérisation de l’impact de la végétation sur la faune épigée, plus directement consommée par les mésanges (prélèvements effectués en 2021 mais non déterminés à ce jour)
(iii) Enfin, les résultats de ces estimations pourront être mis en relation avec l’occupation des nichoirs déjà installés dans le cadre de suivis scientifique et de ceux qui vont être installés dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie DDRSE de l’université de Strasbourg.

Les missions confiées au/à la stagiaire se déclinent en 3 étapes :
Mars – avril 2022 : tri et détermination des échantillonnages réalisés en 2021
Mai – juin 2022 : relevés de végétation sur chaque zone de piégeage des invertébrés et cartographie fine
Juin – aout 2022 : analyse des résultat, rédaction du rapport

Références citées :
Pickett, S. T. A., Cadenasso, M. L., & Grove, J. M. (2004). Resilient cities: Meaning, models, and metaphor for integrating the ecological, socio-economic, and planning realms. Landscape and Urban Planning, 69(4), 369–384. https://doi.org/10.1016/j.landurbplan.2003.10.035
Schwoertzig, E. (2016) contribution des corridors fluviaux à la dynamique de la biodiversité végétale urbaine. 193p. Thèse de l’Université de Strasbourg.

Compétences requises :
* Connaissances approfondies en écologie et botanique ;
* Connaissances générales en biologie animale ;
* Analyse statistique des données avec R ;
* Utilisation logiciel SIG ;
* Dynamisme, enthousiasme, rigueur, patience et sérieux.

Structure d’appartenance et lieu du stage : co-encadrement entre deux UMR : 7362 UNISTRA-CNRS – Laboratoire Image, Ville, Environnement (LIVE), Strasbourg et 7178 UNISTRA-CNRS – Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC), Strasbourg

Coordonnées des encadrantes :
Isabelle Combroux, enseignante-chercheure, LIVE, combroux@unistra.fr
Josefa Bleu, enseignante-chercheure, IPHC, josefa.bleu@iphc.cnrs.fr

Candidature : merci d’envoyer votre CV, lettre de motivation, relevés de notes de M1 à nos deux adresses email. Toutes les candidatures reçues avant le 6 janvier seront étudiées. Après cette date, si le stage n’a pas été pourvu, les candidatures seront étudiées au fur et à mesure.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: josefa.bleu@iphc.cnrs.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.