Contexte
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La pêche profonde en Nouvelle-Calédonie a fait l’objet d’une attention particulière depuis les années 1980. Ciblant des espèces de fort intérêt commercial car appréciées des consommateurs et dépourvues de ciguatéra, elles ont fait l’objet de plusieurs campagnes scientifiques à partir des années 1990 dans l’ensemble de l’espace maritime de la Nouvelle-Calédonie (ZEE+ eaux territoriales des trois provinces) pour évaluer la faisabilité de leur exploitation. Si un modèle d’exploitation a pu être établi pour le Beryx splendens (Lehodey, 1994), cet objectif n’a pas pu être atteint pour les autres espèces, même si des systèmes de suivi des pêcheries ont été mis en place par certaines provinces depuis 1993. Les espèces plus particulièrement ciblées actuellement sont deux Lujanidés du genre Etelis (Etelis carbunculus et Etelis coruscans).

Si la pression de pêche sur les espèces profondes évolue peu actuellement, l’attrait pour ces espèces est de plus en plus important ce qui fait craindre rapidement dans certaines zones des situations d’exploitation soutenue voire non soutenable. Par ailleurs, dans le Parc Naturel de la Mer de Corail (qui englobe la totalité de la ZEE, sur 1,4 Millions de Km2), la durabilité des pêcheries est un objectif prioritaire du gestionnaire.

L’évaluation des ressources profondes et la définition des possibilités d’exploitation durable deviennent donc un objectif partagé de l’ensemble des gestionnaires. Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, au regard des enjeux liés à la pêche professionnelle ciblant les ressources profondes, souhaite être en capacité de développer une stratégie de gestion durable de ces espèces d’intérêt (beryx et vivaneaux). Sur la base des connaissances existantes à l’échelle locale et à partir des modes de gestion adoptés dans d’autres régions du monde, l’objectif est de proposer un ou plusieurs modèles d’exploitation et de gestion de ces ressources, applicables à l’espace maritime calédonien, c’est-à-dire intégrant les compartiments côtiers et hauturiers.

L’étude doit permettre d’apporter des éléments constructifs au service du parc de la mer de Corail et de la pêche (SPNMCP) afin d’anticiper une potentielle exploitation de ces ressources profondes au niveau des monts sous-marins de la ZEE calédonienne.

Objectifs
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Durant ce stage il s’agira de :

1) Réaliser une étude bibliographique sur les modèles d’exploitation et les systèmes de suivis de pêches profondes qui leurs sont associés en milieu insulaire tropical
2) Faire un bilan diagnostic des systèmes de suivi et des données de pêche profonde mis en place par les quatre gestionnaires ;
3) . A partir des étapes 1 et 2, identifier, en tenant compte du contexte, et en lien avec les gestionnaires, notamment en ce qui concerne la démographie et la biologie des espèces exploitées, les méthodes d’évaluations les plus à même d’estimer l’état actuel de la pêcherie ;
4) Analyser, en regard des méthodes mises en œuvre pendant le stage, la prise maximale soutenable calculée par le passé pour la population de Beryx splendens (600 tonnes).

Déroulement du stage
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Dans un premier temps, une phase d’analyse bibliographique sera effectuée afin de recenser et décrire les différents modèles d’exploitation existants ainsi que les systèmes de suivi associés, pour la pêche profonde en milieu insulaire tropical. Une analyse critique devra être effectuée au regard du succès versus échec de ces dispositifs.

Dans un second temps, une phase d’analyse des différentes données existantes sera réalisée permettant la prise en main des données et d’acquérir les connaissances sur le contexte de la pêcherie. Le stagiaire utilisera des séries de données diverses dont campagnes remontant pour certaines aux années 1950. Il s’agira d’identifier les séries temporelles et données pouvant être utilisées dans les évaluations ainsi qu’identifier les caractéristiques d’un éventuel état zéro vis à vis de l’exploitation de ces espèces.

Dans un troisième temps, le stagiaire utilisera l’outil en ligne Fishpath (www.fishpath.org). Cet outil permet compte tenu des connaissances et du contexte des pêcheries de proposer des pistes d’améliorations pour la collecte de données, l’évaluation et la gestion des ressources. Compte tenu du point précédent, cette étape permettra d’identifier des modèles les plus adaptés aux séries de données existantes.

Enfin, la partie modélisation testera les modèles identifiés avec les séries de données en s’inspirant des approches DLS (Data Limited Stock). Ces approches reposent notamment sur l’élaboration de séries de Captures Par Unité d’Effort (CPUE) prenant en compte différents facteurs (spatialisation, effets navires/capitaine, etc..), l’usage d’indicateurs biologiques.

Encadrement
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Le travail sera réalisé en interaction avec différentes équipes IFREMER :
· Laboratoire LEAD-NC (Lagons, Écosystèmes et Aquaculture Durable en Nouvelle-Calédonie) : Prise en main des données, contexte local, validation du choix des outils et approches envisagées.
· Laboratoire Halieutique de Méditerranée (Sète) : Prise en main des données, validation du choix des outils et approches envisagées.
· Laboratoire Technologie et Biologie Halieutiques (Lorient) : Identification et application des méthodes d’évaluation.

Le séjour du stagiaire sera principalement basé à Lorient avec possibilité éventuelle d’une mission de 1 mois en Nouvelle-Calédonie (dans la mesure du possible et en fonction du contexte sanitaire international).
N.B : Ce stage s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre l’Ifremer et le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Durée du stage : 6-7 mois
Période envisagée : De janvier 2022 à juillet 2022

Compétences et profil souhaités
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– Intérêt pour l’exploration, l’analyse de données, la modélisation
– Compétences avérées en programmation (R), outils statistiques
– Intérêt pour les approches d’évaluation et de gestion de stock

Profil souhaité : École d’ingénieur spécialisation en halieutique, ou Master 2 d’une discipline proche (dynamique de population, écologie marine, océanologie) avec spécialisation en modélisation.

Contacts
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Lionel Pawlowski (site de Lorient): lionel.pawlowski@ifremer.fr – 02 97 87 38 46
Emmanuel Tessier (site de Sète): emmanuel.tessier@ifremer.fr – 04 99 57 32 66
Simon Van Wynsberge (site de Nouméa): simon.van.wynsberge@ifremer.fr – 00 687 29 25 57

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: lionel.pawlowski@ifremer.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.