Effet du gyrobroyage sur les communautés d’abeilles sauvages dans les ENS de l’Hérault

Suite au désistement très récent de l’étudiant sélectionné, je suis à la recherche en urgence d’un(e) étudiant(e) de master (idéalement M2) sur ce thème. Merci de vos réponses rapides.

Contexte et problématique
La pollinisation connaît une crise mondiale, qui concerne à la fois les abeilles domestiques et sauvages, ainsi que l’ensemble des insectes pollinisateurs. Les problèmes de la filière apicole a permis de sensibiliser plus largement le grand public au déclin de l’ensemble des insectes pollinisateurs. Ce déclin pose problème à la fois du fait de la contribution notable de ces insectes pour la pollinisation des cultures agricoles, mais aussi en raison de leur rôle crucial pour la pollinisation en général et la conservation des espèces végétales sauvages. Les insectes pollinisateurs sauvages sont plus efficaces et contribuent plus largement à la pollinisation que la seule abeille domestique et le service écosystémique qu’ils rendent n’est pas compensable par la seule apiculture. La prise de conscience mondiale des insuffisances de pollinisation n’a qu’une quinzaine d’années, mais l’ampleur du problème et sa forte médiatisation expliquent la diffusion rapide et large de cette nouvelle préoccupation. Cette situation explique le contexte général, caractérisé par sa perception par le grand public, son appropriation par les ONG environnementales et la recherche scientifique autour des questions de pollinisation.
Á l’échelle du territoire français, c’est en 2016 que le Plan National d’Action (PNA) pour les pollinisateurs intitulé « France, terre de pollinisateurs » a été mis en place et porté par le ministère de l’environnement. Ce PNA établit clairement que les enjeux de la conservation des insectes pollinisateurs sont majeurs et qu’ils concernent à la fois la préservation de la biodiversité via les services indispensables aux équilibres écosystémiques, et la préservation de la diversité des ressources alimentaires des populations humaines. Ce PNA a également établi la liste de l’ensemble des connaissances à acquérir et à consolider pour agir efficacement, et insiste sur l’action nécessaire de formation et de sensibilisation ainsi que sur l’intérêt de proposer des actions de gestion et de conservation des pollinisateurs. A la suite de ce PNA (2016-2020), un nouveau plan pollinisateur a été mis en place et publié en novembre 2021, pour prendre effet en ce début d’année 2022 ; il est ceete fois co-porté par les ministères de l’environnement et de l’agriculture. Il est urgent de mieux connaitre les pollinisateurs, les facteurs influençant leur présence comme les ressources florales et l’efficacité des mesures de gestion menées en leur faveur.

Objectifs du stage
C’est dans ce contexte que le Département de l’Hérault a décidé de mettre en place des actions de gestion en faveur des insectes pollinisateurs et de soutenir des actions de recherche pour mieux comprendre les facteurs environnementaux favorisant leur présence. Ce département est situé en zone méditerranéenne et caractérisé par une diversité d’habitats allant des plages du littoral aux pelouses dolomitiques du Causse du Larzac en passant par les garrigues. Dans le cadre de sa politique de conservation des secteurs remarquables de son territoire, ce département a aussi la particularité d’avoir de nombreux Espaces Naturels Sensibles (ENS) et donc de pouvoir mener des actions de conservation en faveur de la biodiversité. Il est également marqué par une fermeture progressive du paysage, un embroussaillement menant au stade forestier du fait de l’exode rural d’après-guerre.
C’est pourquoi, une des principales mesures de gestion environnementale est le gyrobroyage de zones embroussaillées afin de réouvrir le milieu mais aussi le lutter localement contre les incendies. Cependant, l’impact de cette mesure de gestion sur les communautés d’abeilles sauvages reste mal connu, en particulier en zone méditerranéenne. Ce cadre local explique pourquoi l’objectif du stage de master proposé par le CEFE-CNRS sera de caractériser l’impact du gyrobroyage sur les communautés d’abeilles sauvages dans les ENS de l’Hérault. Cette caractérisation sera réalisée dans plusieurs ENS de l’Hérault par capture à la fois au filet et en pièges passifs à différents moments de l’année. Sur chacun de ces ENS, les communautés d’abeilles et la flore seraient comparées, en termes d’abondance et de diversité, entre un site gyrobroyé et un site témoin. De plus, chaque abeille sera associée à l’identification de la plante où elle a été capturée de façon à pouvoir construire le réseau d’interaction plantes-pollinisateurs, et à déterminer les caractères floraux et les facteurs environnementaux favorisant l’attraction des pollinisateurs. Grâce à une formation à l’identification des abeilles sauvages prévue en début du stage et suivie par le stagiaire, les abeilles capturées devront être préparées et identifiées au genre pour faciliter l’identification à l’espèce par un expert. Les futurs résultats seront publiables car ils amélioreront la connaissance des abeilles sauvages de ce département et auront des implications sur les futures mesures de gestion en faveur des insectes pollinisateurs.
Au vu des risques de confinement ou de contraintes liée à la crise sanitaire, un second sujet de programme de recherches est également proposé en respectant la thématique de l’étude des pollinisateurs de l’Hérault. Ce plan B concernerait « l’identification des caractères écologiques des abeilles sauvages inventoriées dans l’Hérault en vue de recommandation de gestion environnementale ». En effet, nous disposerons en février 2021 d’une base de données renseignant 60 caractères pour chacune des 975 espèces d’abeilles sauvages de France établie à dire d’expert. Ces caractères spécifiques présenteront par exemple les spécialisations alimentaires pour certaines espèces végétales, le mode de nidification, le nombre annuel de générations et la période de vol. Ces caractères spécifiques permettront d’établir une typologie des abeilles de l’Hérault, de prédire grossièrement les communautés d’espèces présentes par type d’habitat et donc d’établir des recommandations de gestion environnementale pour favoriser la présence de communautés complètes par habitat présents dans les ENS de l’Hérault.

Profil recherché
• Idéalement master 2, mais master 1 possible
• Intérêt pour la démarche scientifique et pour ses applications opérationnelles en conservation
• Intérêt pour les relations plantes-insectes notamment de pollinisation
• Connaissance de la flore méditerranéenne et intérêt pour les abeilles sauvages
• Curiosité, adaptation et rigueur d’analyse pour recueillir et exploiter des données
• Autonomie sur le terrain, initiatives et capacité de travail en équipe
• Capacités relationnelles et rédactionnelles
Conditions
• Lieu : stage basé à Montpellier (laboratoire CEFE)
• Encadrement : Bertrand Schatz (CNRS, CEFE)
• Durée : 6 mois à partir de Mars 2021
• Gratification de stage selon la règlementation
• Voiture personnelle (remboursement des frais) pour les déplacements dans l’Hérault.
• Permis voiture indispensable, véhicule personnel recommandé.

Si ce stage vous intéresse, merci d’envoyer rapidement votre candidature (lettre de motivation + CV) à Bertrand Schatz bertrand.schatz@cefe.cnrs.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: bertrand.schatz@cefe.cnrs.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.