Laboratoire d’accueil : UMR EGCE (cotutelles CNRS, Université Paris Saclay et IRD, www.egce.cnrs-gif.fr), pôle Evolution et Ecologie, campus CNRS de Gif-sur-Yvette (91).
Encadrement : Clémence Riva & Fabrice Requier.
Période – Durée : 6 mois (2022).
Niveau : Master 2 ou 3e année École Ingénieur.

Contexte
La pollinisation animale concerne plus de 80% des plantes à fleur, et 30% des cultures dont notre alimentation dépend. L’abeille mellifère (Apis mellifera), gérée par les apiculteurs, est l’une des principales espèces utilisée pour la pollinisation des cultures[1], bien que de nombreuses autres espèces, sauvages, contribuent à ce service[2]. Fait intéressant, des études ont montré que l’abeille mellifère n’est pas systématiquement le pollinisateur le plus efficace[3,4]. Or, la diminution des pollinisateurs sauvages, aujourd’hui bien documentée[5], implique une augmentation de notre dépendance envers l’abeille mellifère pour remplir le service de pollinisation. Il est donc essentiel d’évaluer l’efficacité de pollinisation des différents groupes d’insectes, suivant l’hypothèse que les pollinisateurs sauvages pourraient offrir un meilleur service de pollinisation que les ruches.

Ce stage intervient dans le cadre du projet européen SafeAgroBee dont l’objectif global est de contribuer à préserver la résilience des agroécosystèmes face au changement climatique et autres facteurs qui influencent négativement leur durabilité. Le projet se focalise sur le besoin d’assurer la sécurité alimentaire grâce à une pollinisation efficace et une apiculture durable.

Objectifs
L’objectif général du stage sera d’évaluer la capacité des pollinisateurs (Apis mellifera versus les autres espèces) d’assurer un service de pollinisation efficace pour la production agricole. Les travaux porteront sur une culture d’importance mondiale : la pomme, qui est fortement dépendante de la pollinisation entomophile[6], et qui compte parmi les espèces fruitières les plus cultivées dans le monde avec près de 87,24 millions de tonnes produites dans le monde en 2019[7].

Le/la stagiaire aura pour mission de mener des expériences de terrain pour estimer la contribution des abeilles mellifères (A. mellifera) versus autres espèces dans la pollinisation des pommiers. Cette mission comprendra des observations de fleurs couplées avec des expérimentations d’exclusion de pollinisateurs et des expérimentations de pollinisation manuelle pendant la période de floraison du pommier[8]. Les insectes visitant les fleurs seront identifiés et leur efficacité de pollinisation mesurée (ex. quantité de pollen déposé). Les expérimentations se dérouleront sur plusieurs sites d’études, en Île-de-France et dans le Vaucluse.

Compétences requises
Le candidat devra justifier des qualités suivantes :
– goût pour l’expérimentation de terrain,
– aisance pour le travail de laboratoire (microscopie optique),
– rigueur, autonomie, sens relationnel,
– capacités rédactionnelles, analyses de données (R),
– connaissances en botanique et entomologie,
– permis B.

Gratification et conditions d’accueil
Gratification selon réglementations en vigueur. Le ou la stagiaire sera basé(e) à l’UMR EGCE, campus CNRS de Gif-sur-Yvette. Des échanges réguliers seront organisés avec l’équipe d’encadrement pendant la durée du stage. Prise en charge des frais lors des déplacements sur le terrain.

Modalités de candidature
Adresser par voie numérique une lettre de motivation et un CV à Clémence Riva (clemence.riva@egce.cnrs-gif.fr) et Fabrice Requier (fabrice.requier@egce.cnrs-gif.fr).

Références bibliographiques
1. Garibaldi, L. A., Requier, F., Rollin, O. & Andersson, G. K. Towards an integrated species and habitat management of crop pollination. Curr. Opin. Insect Sci. 21, 105–114 (2017).
2. Rader, R. et al. Non-bee insects are important contributors to global crop pollination. Proc Natl Acad Sci USA 113, 146–151 (2016).
3. Batra, S. W. T. Bees and pollination in our changing environment. Apidologie 26, 361–370 (1995).
4. Westerkamp, C. Honeybees are poor pollinators—why? Plant Syst. Evol. 177, 71–75 (1991).
5. Potts, S. G. et al. Global pollinator declines: trends, impacts and drivers. Trends Ecol. Evol. 25, 345–353 (2010).
6. Klein, A.-M. et al. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops. Proc. R. Soc. B Biol. Sci. 274, 303–313 (2007).
7. FAO. FAOSTAT. Food and Agriculture Organization of the United Nations (2019).
8. Pérez-Méndez, N. et al. The economic cost of losing native pollinator species for orchard production. J. Appl. Ecol. 57, 599–608 (2020).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: clemence.riva@egce.cnrs-gif.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.