CONTEXTE
Les écosystèmes forestiers couvrent un tiers des terres émergées à l’échelle mondiale (FAO, 2020), abritent 75% de la biodiversité terrestre (CPF, 2008) et sont connus pour être à l’origine de nombreux services écosystémiques (Thompson et al, 2011). Ces services écosystémiques découlent des fonctions assurées par la biodiversité. En milieu forestier, les communautés de la faune du sol constituent les principaux moteurs de nombreux procédés écosystémiques (Wall et al., 2012). Dans un contexte actuel de déclin mondial des insectes (Wagner et al., 2020), conserver l’entomofaune du sol et leurs habitats semble constituer un enjeu majeur. Si plusieurs études ont montré que la distribution et la diversité de la faune du sol étaient liées à la diversité des microhabitats (Burton and Eggleton, 2016 ; Pearce et al., 2003 : Yanahan and Taylor, 2014 ; Ziesche and Roth, 2008), peu ont étudié cette relation en milieu forestier et ont dressé une typologie « standard » mettant en avant les éléments clés à intégrer dans cette notion.
La notion de microhabitat se définit comme une « entité structurelle de petite taille, identifiable par l’homme au travers de ses caractéristiques morphologiques. Il constitue un élément clé permettant d’assurer un rôle fonctionnel essentiel au moins pendant une partie du cycle de vie des espèces qui lui sont associées. Cette unité hiérarchique de l’habitat apparaît pertinente pour les espèces présentant des exigences écologiques fines – i.e. espèces spécialistes » (Percel, 2018). Pouvant également être considérés comme « des éléments de petite taille » (« Small natural features », Hunter et al. 2017), ils constituent malgré cela des éléments d’importance écologique à prendre en compte dans les stratégies de gestion et de conservation de la biodiversité.

PRESENTATION DU STAGE
L’objectif principal de ce stage est de définir et caractériser les microhabitats du sol puis de confronter les variables explicatives/descriptives qui en découlent (densité, diversité, abondance, …) aux variables de réponse des taxons associés (carabes, araignées) en milieu forestier, ici au sein de la ripisylve du Ciron.
Le stagiaire devra dans un premier temps consolider et valider le protocole élaboré en s’appuyant sur des éléments de la littérature afin de réaliser les relevés des différentes caractéristiques des microhabitats du sol (ex : type de litière, hauteur de végétation, etc.). Ce protocole sera ensuite appliqué lors des campagnes terrain. Les données issues de ces relevés seront ensuite traitées et analysées par le stagiaire. Concernant les données de biodiversité, le stagiaire bénéficiera des données acquises lors de la campagne d’échantillonnage 2021 (et éventuellement des premières données de l’année 2022).

DEROULEMENT DU STAGE
Le stagiaire sera accueilli au sein de l’UMR BIOGECO dans l’équipe ECOGERE, sur le site de Pessac au B2. Il sera encadré par Amandine Acloque, actuellement en 2ème année de thèse.
Les relevés terrain seront réalisés sur les différents sites du Ciron identifiés dans le cadre du projet SEEFOREST.

PROFIL RECHERCHE
Étudiant.e en M2 ou en dernière année d’Ecole d’Ingénieur dans le domaine de l’écologie et la gestion de la biodiversité motivé.e par des activités de terrain en milieu forestier. Une appétence et une bonne pratique des méthodes et outils d’analyses statistiques (logiciel R de préférence) sont attendues.

REFERENCES
Burton, V. J. and Eggleton, P. (2016). Microhabitat heterogeneity enhances soil macrofauna and plant species diversity in an Ash – Field Maple woodland. European Journal of Soil Biology, 75 :97-106.
CPF (2008). Strategic framework for forests and climate change. A proposal by the Collaborative Partnership on Forests for a coordinated forest-sector response to climate change.
FAO (2020). Evaluation des ressources forestières mondiales 2020. Rome.
Hunter, M. L., Acuna, V., Bauer, D. M., Bell, K. P., Calhoun, A. J. K., Felipe-Lucia, M. R., Fitzsimons, J. A., Gonzalez, E., Kinnison, M., Lindenmayer, D., Lundquist, C. J., Medellin, R. A., Nelson, E. J., and Poschlod, P. (2017). Conserving small natural features with large ecological roles : A synthetic overview. Biological Conservation, 211 :88-95.
Pearce, J., Venier, L., McKee, J., Pedlar, J., and McKenney, D. (2003). Influence of habitat and microhabitat on carabid (Coleoptera : Carabidae) assemblages in four stand types. The Canadian Entomologist, 135(3) :337-357.
Percel, G. (2018). Réponse des espèces lignicoles à la disponibilité des habitats en forêt tempérée : approche muti-échelles du micro-habitat au paysage. PhD thesis.
Thompson, P.L., Isbell, F., Loreau, M., O’Connor, M.I., and Gonzalez, A. (2018). The strength of the biodiversity-ecosystem function relationship depends on spatial scale. Proceedings of the Royal Society B : Biological Sciences, 285(1880).
Yanahan, A. D. and Taylor, S. J. (2014). Vegetative communities as indicators of ground beetle (Coleoptera : Carabidae) diversity. Biodiversity and Conservation, 23(6) :1591-1609.
Wall, D. H., Behan-Pelletier, V., Jones, T. H., Ritz, K., Six, J., Strong, D. R., & van der Putten, W. H. (2012). Soil ecology and ecosystem services. Oxford University Press.
Ziesche, T. M. and Roth, M. (2008). Influence of environmental parameters on small-scale distribution of soil-dwelling spiders in forests : What makes the difference, tree species or microhabitat ? Forest Ecology and Management, 255(3-4) :738-752.

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