Face aux inconvénients associés à l’utilisation massive de pesticides de synthèse dans la lutte contre les ravageurs des cultures, l’utilisation de parasitoïdes et de prédateurs comme auxiliaires de lutte biologique constitue une alternative efficace et plus respectueuse de l’environnement. L’utilisation de ces auxiliaires peut s’accompagner, soit de manière volontaire dans un contexte de lutte intégrée, soit de manière plus spontanée à cause par exemple de la difficulté à faire accepter les changements brutaux de pratiques, d’autres méthodes de luttes (e.g. produits phytosanitaires, pièges, filets, …) qui peuvent s’avérer complémentaires ou au contraire antagonistes. Afin d’optimiser l’efficacité de la lutte, il est essentiel de comprendre l’impact que ces méthodes additionnelles peuvent avoir sur l’efficience du contrôle par l’auxiliaire et de pouvoir identifier les leviers d’action qui pourraient permettre de favoriser la complémentarité.

L’objectif de ce stage est d’établir un cadre théorique qui permette d’aborder la question des interactions positives (synergies) ou négatives (antagonismes) qui peuvent s’exprimer entre l’utilisation de macro-organismes auxiliaires de lutte biologiques et les autres méthodes de lutte. Il s’agira pour cela de construire et d’analyser des modèles de dynamique des populations qui seront basés sur des modèles classiques d’interactions hôte-parasitoïde et/ou proie-prédateurs mais qui intégreront les effets de différents types de pratiques additionnelles telles que l’usage de produits phytosanitaires, de micro-organismes entomopathogènes, ou encore de barrières physiques (e.g. filets, haies, …). Afin de répondre au mieux à l’objectif, les modèles devront rester parcimonieux : ils devront permettre d’explorer l’impact des différents leviers (temporalité des pratiques, perméabilité et arrangement spatial des barrières, sélectivité des pesticides, stratégies de lâchers…) tout en conservant un degré de simplicité compatible avec une intention de généricité. Idéalement, leur étude ne devra pas entièrement reposer sur des simulations numériques mais largement s’appuyer sur une analyse mathématique de leurs propriétés.

Le développement d’un volet expérimental n’est pas envisagé dans le cadre de ce stage. Néanmoins, les résultats pourront être mis en regard avec des situations réelles, notamment deux cas particuliers faisant actuellement l’objet d’études : (i) l’impact du déploiement de filets et de l’épandage de biopesticide dans les vergers de pommiers sur l’efficacité d’un parasitoïde dans le cadre de la lutte biologique par acclimatation contre le carpocapse dans les vergers de pommiers (en collaboration avec les unités PSH à Avignon et ISA à Sophia-Antipolis) et (ii) l’impact de l’utilisation de micro-organismes entomopathogènes en complément de parasitoïdes utilisés en lutte biologique par augmentation contre la mineuse Tuta absoluta (en collaboration avec l’Agroscope à Zurich). De plus, le travail pourra intégrer une réflexion sur le développement d’expérimentations afin de tester, dans des conditions proches de celles des systèmes de productions agricoles, les prédictions des modèles (en collaboration avec les unités mentionnées précédemment).

Profil des candidats
Formation en écologie (éventuellement agronomie) avec un intérêt pour les questions de nature agronomiques et ayant un goût (des compétences seraient également appréciées) pour la modélisation mathématique.

Encadrement et localisation
T. Spataro (AgroParisTech, iEES Paris) et L. Van Oudenhove (INRAE, ISA)
Le ou la stagiaire sera accueilli sur le campus de Jussieu (Paris 5ème), au sein de l’équipe Ecologie et Evolution des Réseaux d’Interactions de l’Institut d’écologie et des Sciences de l’Environnement de Paris (iEES Paris) avec possiblement des missions ponctuelles à l’Institut Sophia Agrobiotech (ISA).

Pour candidater
Envoyer CV et lettre de motivation à T. Spataro (thierry.spataro@agroparistech.fr) et L. Van Oudenhove (louise.vanoudenhove@inrae.fr) avant le 15 novembre 2021.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: thierry.spataro@agroparistech.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.